
Entorse ou fracture du poignet : comment faire la différence ?
Analyser les circonstances de la blessure
Une chute sur la main, un choc violent lors d'une activité sportive, un accident... les blessures au poignet sont fréquentes. La première étape pour tenter de différencier une entorse d'une fracture est de se remémorer précisément les circonstances de l'incident. Bien que cela ne remplace jamais un avis médical, certains indices peuvent déjà vous orienter.
Le bruit entendu au moment du choc
L'un des indicateurs les plus révélateurs, bien que non systématique, est le son perçu lors du traumatisme. Avez-vous entendu quelque chose ?
- Un son de « craquement » ou de « claquement » sec et audible est très souvent associé à une fracture. C'est le bruit de l'os qui se brise.
- Un son plus sourd, comme un « pop » ou une sensation de déchirement, peut suggérer une entorse grave, correspondant à la rupture d'un ou plusieurs ligaments.
- L'absence de bruit ne permet cependant pas d'exclure une fracture, notamment les fractures fines ou non déplacées.
La nature et l'intensité de l'impact
La violence du choc est également un facteur à prendre en compte. Une simple torsion du poignet en perdant l'équilibre peut provoquer une entorse. En revanche, une chute de sa propre hauteur avec réception sur la paume de la main, un accident de la route ou un impact direct et puissant (comme un coup) augmentent considérablement le risque de fracture. Plus l'énergie de l'impact est élevée, plus la probabilité d'une lésion osseuse est importante. Pensez à l'énergie cinétique impliquée : tomber en skiant à grande vitesse n'aura pas les mêmes conséquences qu'une glissade sur une plaque de verglas à l'arrêt.
Évaluer les symptômes immédiats et leur évolution
L'observation attentive des symptômes dans les minutes et les heures qui suivent la blessure est cruciale pour évaluer la gravité de la situation.
L'intensité et le type de douleur
La douleur est le symptôme commun, mais sa nature varie.
- Pour une fracture : La douleur est généralement immédiate, très intense, voire insupportable. Elle est souvent décrite comme aiguë, lancinante et très localisée. Le simple fait d'effleurer la zone de la fracture peut déclencher une douleur exquise. Elle a tendance à s'intensifier avec toute tentative de mouvement.
- Pour une entorse : La douleur peut être intense au début, mais elle est souvent plus diffuse, moins précisément localisée. Elle peut être décrite comme une sensation de brûlure ou un élancement qui irradie autour de l'articulation. Bien que douloureuse, elle peut parfois permettre une certaine mobilité, contrairement à la douleur paralysante d'une fracture.
L'apparence du poignet : gonflement et déformation
L'aspect visuel du poignet est un indice majeur. Un gonflement (œdème) apparaît dans les deux cas, car il s'agit de la réaction inflammatoire du corps. Cependant, certains signes sont spécifiques.
Une déformation visible de l'articulation est le signe quasi certain d'une fracture déplacée. Si votre poignet présente un angle anormal, une bosse proéminente ou un aspect "en dos de fourchette", il est impératif de consulter en urgence. Une entorse, même sévère, ne provoque pas de déformation osseuse. Elle cause un gonflement qui peut être impressionnant, mais l'alignement général de l'avant-bras et de la main reste conservé.
L'apparition d'une ecchymose (un bleu) est également fréquente. Dans le cas d'une fracture, le saignement interne peut être plus important, menant à une ecchymose qui apparaît plus rapidement et s'étend davantage.
La mobilité et la capacité fonctionnelle
Testez, avec une extrême prudence, ce que votre poignet vous autorise à faire. L'incapacité fonctionnelle est un excellent indicateur.
- En cas de fracture, il est souvent totalement impossible de bouger le poignet ou les doigts. Tenter de fermer le poing, de saisir un objet léger (comme un stylo) ou de tourner la paume de la main vers le ciel est mission impossible et déclenche une douleur extrême.
- Avec une entorse, la mobilité est réduite et douloureuse, mais elle reste souvent possible dans une certaine mesure. Vous pourriez être capable de bouger lentement les doigts, même si le mouvement du poignet lui-même est limité par la douleur et le gonflement.
Les premiers gestes et quand consulter impérativement
Quelle que soit la suspicion, la première réaction doit viser à limiter les dégâts et la douleur. Le protocole GREC (Glace, Repos, Élévation, Compression) est la référence.
- Glace : Appliquez une poche de glace (enveloppée dans un linge) pendant 15-20 minutes toutes les 2-3 heures pour réduire l'inflammation et la douleur.
- Repos : Cessez toute activité et immobilisez le poignet autant que possible.
- Élévation : Gardez le poignet au-dessus du niveau du cœur pour limiter le gonflement.
- Compression : Un bandage de compression léger peut aider à contrôler l'œdème, mais attention à ne pas trop serrer pour ne pas couper la circulation.
Les signes qui exigent une consultation aux urgences
Certains symptômes ne laissent place à aucun doute et nécessitent une prise en charge médicale immédiate. Rendez-vous aux urgences si vous observez :
- Une déformation évidente du poignet.
- Un os visible qui a percé la peau (fracture ouverte).
- Un craquement sonore lors de l'accident.
- Une douleur insupportable qui ne diminue pas.
- Une perte de sensibilité, des fourmillements, ou si vos doigts deviennent pâles ou froids (signe d'une atteinte nerveuse ou vasculaire).
- Une incapacité totale à bouger le poignet ou les doigts.
Le diagnostic médical : la seule certitude
L'auto-diagnostic a ses limites. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic fiable et proposer le traitement adéquat. Une entorse mal soignée ou une fracture non diagnostiquée peuvent entraîner des complications à long terme, comme une instabilité chronique, de l'arthrose ou une perte de mobilité.
Le médecin procédera à un examen clinique en palpant délicatement le poignet pour identifier le point le plus douloureux. Il évaluera la mobilité, la sensibilité et la circulation sanguine. Mais l'examen clé reste l'imagerie médicale. Une radiographie sera systématiquement prescrite en cas de suspicion de fracture. Elle permet de visualiser l'os et de confirmer ou d'infirmer la présence d'une fissure ou d'une cassure. Dans certains cas plus complexes, ou si une lésion ligamentaire importante est suspectée malgré une radio normale, des examens complémentaires comme une échographie, un scanner (CT scan) ou une IRM pourront être demandés.
Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter !
ConnexionPas encore de commentaires.
Soyez le premier à commenter !