
Prévenir les mycoses pendant un traitement antibiotique : guide pratique
Comprendre le lien entre antibiotiques et mycoses
Les antibiotiques sont des médicaments puissants conçus pour éliminer les bactéries responsables d'infections. Cependant, leur action n'est pas toujours ciblée. Les antibiotiques à large spectre, en particulier, détruisent sans distinction les mauvaises bactéries comme les bonnes. Parmi ces bonnes bactéries, les lactobacilles jouent un rôle crucial dans le maintien de l'équilibre de la flore vaginale. Ils produisent de l'acide lactique, qui assure un pH vaginal acide (entre 3,8 et 4,5). Cet environnement acide empêche la prolifération d'autres micro-organismes, notamment un champignon microscopique appelé Candida albicans.
Lorsque vous prenez un traitement antibiotique, la population de lactobacilles peut être considérablement réduite. Le pH vaginal augmente, devenant moins acide. Le Candida albicans, naturellement présent en petite quantité, profite de ce déséquilibre pour se multiplier de manière excessive. C'est cette prolifération qui déclenche les symptômes désagréables de la mycose vaginale : démangeaisons, brûlures, pertes blanches et épaisses. Comprendre ce mécanisme est la première étape pour mettre en place une stratégie de prévention efficace.
Adopter une alimentation préventive
Votre alimentation est l'un de vos plus grands alliés pour soutenir votre flore intestinale et, par extension, votre flore vaginale. Pendant et après un traitement antibiotique, quelques ajustements peuvent faire une grande différence.
Intégrer les probiotiques dans votre quotidien
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, consommés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé. Ils aident à repeupler votre flore de bonnes bactéries et à contrer les effets des antibiotiques. Pour la prévention des mycoses, les souches de Lactobacillus, comme Lactobacillus rhamnosus et Lactobacillus reuteri, sont particulièrement intéressantes.
Vous pouvez les trouver dans de nombreux aliments fermentés :
- Les yaourts nature : Choisissez des yaourts contenant des cultures bactériennes vivantes et actives, et évitez les versions sucrées ou aromatisées.
- Le kéfir : Cette boisson fermentée est encore plus riche et diversifiée en probiotiques que le yaourt.
- La choucroute crue (non pasteurisée) : La fermentation lactique du chou en fait une excellente source de probiotiques.
- Le kimchi, le miso ou le tempeh : Ces produits issus de la cuisine asiatique sont également d'excellentes sources de bonnes bactéries.
En complément, des suppléments de probiotiques en gélules peuvent être envisagés. Demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin pour choisir un produit contenant les bonnes souches et le bon dosage, à prendre de préférence quelques heures après votre prise d'antibiotique pour maximiser son efficacité.
Limiter les sucres et les aliments transformés
Le Candida albicans se nourrit de sucre. Une alimentation riche en sucres raffinés peut donc favoriser sa prolifération. Pendant votre traitement, il est judicieux de réduire votre consommation de :
- Sucreries, pâtisseries, biscuits et sodas.
- Pain blanc, pâtes blanches et autres produits à base de farine raffinée.
- Aliments ultra-transformés qui contiennent souvent des sucres cachés.
Privilégiez les glucides complexes comme les céréales complètes, les légumineuses et les légumes. Ces aliments nourrissent les bonnes bactéries de votre intestin et contribuent à un équilibre microbien sain.
Adapter son hygiène intime et ses habitudes de vie
Certains gestes quotidiens, apparemment anodins, peuvent créer un environnement propice au développement des mycoses. Adopter de bonnes habitudes est essentiel, surtout en période de fragilité.
Choisir les bons vêtements et sous-vêtements
La chaleur et l'humidité sont les meilleures amies du Candida albicans. Pour limiter ces conditions, il est recommandé de :
- Porter des sous-vêtements en coton. Le coton est une matière naturelle et respirante qui permet à l'air de circuler, contrairement aux matières synthétiques comme le nylon ou le polyester qui retiennent l'humidité.
- Éviter les vêtements trop serrés au niveau de l'entrejambe, comme les jeans skinny, les leggings ou les collants, qui augmentent la chaleur et la macération.
- Se changer rapidement après une séance de sport ou une baignade. Ne restez pas dans un maillot de bain mouillé ou une tenue de sport humide.
- Dormir sans sous-vêtements la nuit si possible, pour permettre à la zone de respirer.
Repenser sa routine de toilette intime
Une hygiène excessive peut être aussi néfaste qu'un manque d'hygiène. Les douches vaginales sont à proscrire absolument, car elles détruisent la flore protectrice et agressent les muqueuses.
Pour la toilette quotidienne, une seule par jour suffit. Utilisez de l'eau tiède seule ou un produit lavant très doux, sans savon, sans parfum, et au pH physiologique (neutre ou légèrement acide), spécialement conçu pour l'hygiène intime. Après la toilette, séchez-vous soigneusement en tamponnant délicatement avec une serviette propre et sèche. L'humidité résiduelle est un facteur de risque. Enfin, pensez toujours à vous essuyer d'avant en arrière aux toilettes pour éviter de ramener des bactéries de la zone anale vers le vagin.
Anticiper et discuter avec votre professionnel de santé
La meilleure prévention est celle qui est anticipée. N'hésitez pas à aborder le sujet avec votre médecin ou votre pharmacien dès la prescription de l'antibiotique.
Si vous avez des antécédents de mycoses récidivantes suite à des traitements antibiotiques, informez-en systématiquement votre médecin. Il pourra évaluer le risque et adapter la stratégie préventive.
Dans certains cas, notamment pour les femmes particulièrement sujettes à ce problème, le médecin peut prescrire un traitement antifongique préventif. Il peut s'agir d'une capsule orale unique (à base de fluconazole, par exemple) à prendre au début ou à la fin du traitement antibiotique, ou d'ovules vaginaux à utiliser localement. Cette approche proactive est souvent très efficace pour éviter l'apparition des symptômes. N'attendez pas que l'inconfort s'installe pour agir ; une discussion ouverte avec votre professionnel de santé est la clé d'une prévention réussie.
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